Problématique de la Sécurité du Maghreb

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Cette présente contribution est une synthèse de mes différentes contributions et interventions internationales entre 2010 et 2014,  posant la Problématique de la Sécurité du Maghreb tributaire d’un développement harmonieux,  face aux enjeux géostratégiques .   Car la récupération récente de missiles Stinger de courte portée, 4 800 mètres en altitude destinés à la destruction des aéronefs, avions et hélicoptères souvent  portées par un seul individu. à El-Oued par les forces armées en Algérie met  la problématique de l’insécurité des frontières au premier plan.

Enjeux géostratégiques et tensions sécuritaires aux frontières du Maghreb    

Par le Professeur des Universités,  Expert International en management stratégique,  Dr Abderrahmane MEBTOUL

 

1.-  Privilégiant en premier lieu ses intérêts stratégiques propres, partie prenante du dialogue méditerranéen (DM), le Maghreb  doit   agir  en fonction d’un certain nombre de principes et à partir d’une volonté avérée de contribuer à la promotion de la sécurité et de stabilité dans la région. C’est que la  fin de la guerre froide marquée par l’effondrement du bloc soviétique et les attentats survenus aux Etats-Unis le 11 septembre 2001 représente  un tournant capital dans l’histoire contemporaine. Le premier événement marque la fin d’un monde né un demi siècle plutôt et la dislocation d’une architecture internationale qui s’est traduite des décennies durant par les divisions, les déchirements et les guerres que nous savons.  Aujourd’hui, les menaces sur la sécurité ont pour nom terrorisme, prolifération des armes de destruction massive, crises régionales et  délitement de certains Etats. Or,  les défis collectifs nouveaux, sont une autre source de menace : ils concernent les ressources hydriques, la pauvreté, les épidémies, l’environnement. Ils sont d’ordre local, régional et global. Entre la lointaine et très présente Amérique et la proche et bien lointaine Europe, entre une stratégie globale et hégémonique, qui possède tous les moyens de sa mise en œuvre et de sa projection, et une stratégie à vocation globale qui se construit laborieusement et qui peine à s’autonomiser et à se projeter dans son environnement géopolitique immédiat, quelle attitude adopter et quels choix faire pour  le Maghreb  ? Interpellée et sollicitée, le Maghreb   s’interroge légitimement sur le rôle, la place ou l’intérêt que telle option ou tel cadre lui réserve ou lui offre, qu’il s’agisse du  dialogue méditerranéen de l’Otan ou du partenariat euro- méditerranéen, dans sa dimension tant économique que sécuritaire.  L’adaptation étant la clef de la survie et le pragmatisme un outil éminemment moderne de gestion des relations avec autrui, le Maghreb   dont son devenir segment de l’Afrique Nord, le   Maghreb, pont entre l’Europe et l’Afrique   doit   faire que celui que commandent la raison et ses intérêts.

2.- Le Maghreb  est confronté actuellement à  la sécurité dans la zone sahélo-saharienne, les tensions géostratégiques au Moyen Orient ( Irak, Syrie)  risquant de se déplacer en Afrique du Nord, du fait e rivalités des grandes puissance rentrant dans le cadre d’une recomposition politique et économique au niveau de la région.  Nous avons assisté dans la région à de profondes  mutations de la géopolitique saharienne après l’effondrement du régime libyen, avec  des   conséquences pour la région. . Bien avant et surtout depuis la  chute du régime  de Kadhafi  le Sahel est l’un de ces espaces échappant à toute autorité centrale, où se sont installés groupes armés et contrebandiers. Khadafi disparu des armes, dont 15 000 missiles sol-air étaient dans les entrepôts de l’armée libyenne dont une partie a été accaparé par de différents groupes qui opèrent au Sahel. Dès lors la sécurité   est posée à ses frontières occasionnant  d’importantes dépenses militaires impliquant une coordination entre les pays du Maghreb  pour minimiser les coûts en les mutualisant ,  sans compter des dépenses pour l’adaptation du renseignement  aux nouvelles mutations tant internes que mondiales de ses forces  de sécurité, dépenses  soustraites à des fins de développement . Il s’agit également   de penser à  la cybercriminalité enjeu du XXIème siècle.  Bien que le risque  des cyber-attaques  est actuellement minime, mais devant préparer l’avenir,  car les services électroniques sont à l’état primaire  (e-commerce, e-santé et e-administration) au Maghreb  et les entreprises et administrations maghrébines   fonctionnent  sur des modes de gestion désuètes n’étant pas orientées  vers les transactions  et services électroniques.  L’analyse par le professeur en stratégie  à Harvard  Michael Porter des « cinq forces »,  qui déterminent la structure concurrentielle d’une industrie de biens ou de services , le pouvoir de négociation des clients, le pouvoir de négociation des fournisseurs, la menace des produits ou services de substitution, la menace d’entrants potentiels sur le marché et l’intensité de la rivalité entre les concurrents,   fait apparaître que souvent les différents acteurs maghrébins  un faible pouvoir de négociation du fournisseur et un fort pouvoir de négociation du client, alors que les barrières d’entrées sur le marché maghrébin  tant des entreprises économiques que de l’armement sont élevées (1).

3.-  La  lutte contre le terrorisme implique de mettre fin à cette inégalité tant  planétaire qu’au sein des Etats où une minorité s’accapare une fraction croissante du revenu national enfantant la misère et donc le terrorisme, renvoyant à la moralité de ceux qui dirigent la Cité. Le tout  sécuritaire pour le sécuritaire a des limites,  existant des liens dialectiques entre développement et sécurité,  une  sécurité efficace  devant impliquer toute la population et une coopération internationale notamment Europe/Maghreb (1) afin d’éviter cette immigration massive qui constitue actuellement un drame humanitaire. Je suis convaincu que le XXIème siècle sera culturel ou ne le sera pas, ce qui serait préjudiciable à l’ensemble de l’humanité. L’élément inter-culturalité est la base des échanges, par le combat, contre toute forme de racisme et de diktat de la pensée unique, signe le plus évident de décadence de toute société, nécessitant  un renouveau culturel pour véhiculer le nouveau mode de pensée fondée sur la tolérance et contre toute forme de racisme afin de favoriser la symbiose des cultures de l’Orient et de  l’Occident.   Aussi, cela   implique  surtout de s’attaquer à l’essence ( un co-développement) et non aux apparences comme le montre  une  étude du Forum économique mondial (WEF) du 14 novembre 2013.  Aussi l’efficacité sécuritaire  devra  s’insérer  dans le cadre d’une vision  stratégique.  Face à un monde en perpétuel mouvement, tant en matière de politique étrangère, économique  que de défense, actions liées,  avec  les  derniers événements au Sahel, aux frontières du Maghreb,  se posent  l’urgence des stratégies d’adaptation et d’une coordination, internationale et  régionale afin d’agir efficacement sur les événements majeurs.  Ces nouveaux défis pour le Maghreb,  sous-segment du continent Afrique,  dépassent en importance et en ampleur les défis que le Maghreb   a eu à relever jusqu’à présent.   

(1)-Etude du professeur Abderrahmane MEBTOUL  parue à l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI Paris France) » la coopération Maghreb Europe face aux enjeux géostratégiques » (novembre 2011)- chapitre III- « la stratégie de l’OTAN face aux enjeux géostratégiques en Méditerranée »Ouvrage collectif « le Maghreb face aux enjeux géostratégiques » sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul  et  du Docteur Camille Sari de la Sorbonne ( Paris) deux tomes ( 1050 pages) Edition Harmattan paris 2015 avec la collaboration  de 36 experts internationaux et professeurs du Maghreb et de l’Europe ( économistes, sociologues, juristes, historiens,  sociologues, officiers militaires)

Changement de politique des subventions généralisées

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Changement de politique des subventions généralisées via la rente, peuvent conduire  l’Algérie au suicide collectif. 

Grâce à l’aisance financière générée par les hydrocarbures en voie d’épuisement, le gouvernement, au nom de la paix sociale, généralise les subventions, objet de cette présente contribution.  Examinons quelques cas avant de dresser les lignes générales de correction.

Par Dr Abderrahmane MEBTOUL, Professeur  des universités, expert international 

  1. Les subventions du prix du pain, de la semoule,  du lait, des carburants  de l’électricité et de l’eau

Le prix du pain étant subventionné depuis 1996, sans subventions, le prix de la baguette actuellement à 8,50-10 Dinars (DA) – officiel – dépasserait 25-30 DA, les boulangeries se rabattant sur les pâtisseries pour équilibrer leur budget avec souvent du gaspillage. Les subventions octroyées coûtent au Trésor public un différentiel qui reste mobile en fonction des fluctuations du prix d’achat de la matière première sur les marchés mondiaux.  Toutefois, le Trésor Public paie ce différentiel, quel que soit son niveau.  D’une manière générale, le différentiel pris en charge par l’Etat pour ces produits coûte entre 2,5 à 3 milliards de Dollars par an, ce qui représente entre 3 à 5% de la rente pétrolière par an entre 2009-2015, selon l’évolution du vecteur prix international.  L’Algérie, malgré les légères augmentations contenues dans la loi de finances 2016,  est classée troisième pays où le prix du carburant est le moins cher au monde, selon les organismes internationaux. Mais conserver cette politique coûte de plus en plus cher.  En effet, ces dernières années, l’Algérie est devenue importatrice de produits raffinés et paradoxe avec une importation de carburants dépassant les 2 milliard de Dollars entre 2014-2015 avec un plafond de plus de 3 milliards de Dollars en 2013.  On importe le gas-oil par exemple au prix international et on le vend à un prix plafonné.  Cela favorise la contrebande aux frontières.  La différence du prix à la pompe avec les pays voisins fait que de grandes quantités de carburants traversent quotidiennement les frontières vers le Maroc et la Tunisie, sans compter les pays riverains du grand Sud. Pour l’électricité, selon un rapport du Ministère de l’Energie de 2012 , car, il faut comparer le comparable, les pays du Maghreb et non pas les pays européens dont le niveau de vie est plus élevé, la tarification algérienne tant pour la consommation des ménages que pour la consommation industrielle est la suivante avant la promulgation de la loi de finances 2016 : pour les clients résidentiels (ménages) :  entre 2 DA et 3,20 DA/kWh selon le niveau de consommation, alors que ce prix est entre 3,45 DA et 4,94 DA/kWh en Tunisie, et entre 5,27 DA et 6,40 DA/kWh au Maroc.  Pour les clients industriels en Algérie, le prix oscille entre 1,48 DA et 2,15 DA/kWh selon le niveau de consommation, en Tunisie entre 2,35 DA 3,54 DA/kWh, et au Maroc entre 4,21 DA et 5,53 DA/kWh.  La plus grande partie de ces écarts en faveur du consommateur algérien provient du prix du gaz fixé par l’état à l’entrée du système de production-transport-distribution de l’électricité.  Le niveau du prix du gaz concédé aux centrales est de l’ordre de 10% de celui qui correspond aux transactions internationales du gaz.  Le problème de la tarification de l’eau se pose à peu près dans les mêmes termes que les carburants.  Son prix de cession demeure inchangé malgré des coûts croissants, problème aggravé par les déperditions du réseau de distribution (45 à 50 % de pertes, en moyenne nationale).  Sur la base du prix du gaz de 0,25 Dollar le million de BTU, le prix de revient de l’eau atteint environ 69 DA/m3.  Le prix facturé aux consommateurs varie en fonction des volumes consommés entre 16,20 DA/m3 et 24,70 DA/m3 pour les usages industriels, et entre 3,60 DA/m3 et 24,70 DA/m3 pour les usages domestiques.  Le différentiel payé par l’Etat varie entre 34 et 53 DA environ par m3 consommé, l’investissement n’étant pas pris en compte dans les prix en vigueur du mètre cube d’eau potable.  Selon le ministère, si on le répercutait, le prix réel du mètre cube reviendrait à près de 60 DA, contre 39 DA/m³ pour un prix de vente de 18 DA/m³.

  1. Les subventions de la santé – le transport et l’emploi

 

Pour le système de santé, les subventions supportées par l’Etat sont importantes.  En effet, l’hospitalisation coûte de 7000 à 12 000 DA par jour selon les administrations des structures sanitaires, par jour et par patient.  Un montant qui couvre l’intervention, les examens et les IRM.  Le patient paye 100 DA pour une hospitalisation et 50 DA pour une visite médicale dans un CHU, un dispensaire ou un centre sanitaire.  Dans une clinique privée le coût d’une hospitalisation varie entre 15 000 et 20 000 DA/jour ; celui d’un accouchement oscille entre 35 000 et 40 000 DA et à partir de 70 000 DA pour une césarienne et le montant est largement supérieur pour des interventions pointues fluctuant entre 150.000 et plus de 500.000 dinars.  Pour le transport, il n’y pas uniformité devant distinguer le transport par rail subventionné des autres moyens de transport..  Pour Air Algérie, les tarifs appliqués à destination de Paris oscillent entre 250 et 500 Euros selon les saisons  pour la classe économique alors que le même billet pour la même destination à partir de Rabat sur la compagnie Royal Air Maroc, est de 187 à 248 Euros.  Pour le transport routier de voyageurs, on assiste à des conflits permanents du fait du bas tarif et de la confusion de l’interprétation de l’ordonnance 95/06 et du décret 96/39 où l’un parle d’une limitation à 0,25 centimes/km pour un service de ramassage et l’autre explicite que tous les tarifs sont libres et soumis à la concurrence sauf ceux spécifiques et stratégiques.  Selon l’Organisation Nationale des Travailleurs Algériens (ONTA) l’augmentation demandée n’excède pas les 2,6 dinars par kilomètres, en rappelant que la dernière révision à la hausse des prix des transports remonte à 1996.  En 2016, après négociations, du fait de  la hausse du prix du carburant, il y aurait augmentation de 10% en 2016.  Les subventions s’appliquent également au logement social où le prix du mètre carré dans les grandes agglomérations varie de 40.000 à 300.000 DA, non supportées par les bénéficiaires, ce qui occasionne un transfert de rente.  Un logement social revient à l’Etat, selon l’endroit, entre 3 et 4 millions de Dinars, le terrain inclus.  Pour les  logements sociaux qui ont été programmés pour 2012 par exemple (100.000 logements) , l’Etat devrait supporter selon certains experts 30 milliards de Dinars. Quant au logement promotionnel aidé d’un prix réel de 6 millions de Dinars, l’Etat le cède à environ 3 millions de Dinars.  Pour l’aide à l’emploi où l’entreprise qui recrute, bénéficie d’importantes facilités financières et fiscales, d’importants abattements sur la cotisation de sécurité sociale à leur charge, soit l’équivalent de 25% de l’assiette globale de cotisation.  A titre d’exemple, pour un salaire de 20000 DA le SMIG, l’employeur ne contribue qu’à hauteur de 21%, soit 4200 DA seulement ;  15800 DA sont pris en charge par le Trésor public.  Pour financer la retraite, l’employeur cotise à 10% et le salarié 6,75%, soit un total de 17,25%, 82,75%, étant financés par l’Etat.  Les assurances sociales, notamment celles relatives à la maladie, à la maternité, à l’invalidité et au décès, sont couverts par l’Etat pour un total de 86%, sachant que les 14% restant sont assumés par les cotisations versées par l’employeur (12,5%) et le salarié (1,5%).  Financées totalement sur le budget de l’Etat depuis 1995 les allocations familiales varient de 300 à 800 Dinars par enfant.  Enfin la charge financière du transport des étudiants, de la restauration et de l’hébergement des étudiants internes sans distinction ce qui se répercute sur la gestion des œuvres universitaires comme les frais de la carte d’abonnement annuel du transport universitaire d’un montant de 300 DA et le prix de la restauration, toujours fixé depuis les années 1970 à 1,20 DA le repas.  Qu’en sera-t-il avec plus de 2 millions d’étudiants horizon 2015-2017 où uniquement pour le repas, le prix réel dépasse 500 dinars.  Cela concerne également les œuvres sociales des CEM et des lycées.

 

  1. La politique actuelle  des subventions  est intenable

L’Etat algérien dépense sans compter, subventionne un grand nombre de produits de premières nécessités, comme les céréales, l’eau et le lait, l’électricité et le carburant.  En Algérie de celui qui gagne le SNMG au chef d’entreprise nationale ou étrangère, bénéficient des prix subventionnés, n’existant pas de système ciblé de subventions.  Dans son rapport en date du 18 avril 2012, la Banque Mondiale (BM) fait remarquer qu’en moyenne dans le monde, 20% des plus riches bénéficient six fois plus que 20% des plus pauvres des subventions recommandant que les programmes d’aide sociale doivent être ciblés de manière à aider les ménages pauvres et vulnérables à y faire face.  En 2012, pour la BM, 277 milliards de Dinars ont été réservés aux produits de large consommation (blé, lait en poudre, etc.), soit l’équivalent du quart des subventions accordées au budget d’équipement.  A cela s’ajoutent les assainissements répétés aux entreprises publiques qui ont couté au trésor public plus de 50 milliards de Dollars entre 1971 et 2012, les exonérations fiscales et de TVA accordées par les différents organismes d’investissement (ANDI et ANSEJ) y compris pour les entreprises étrangères, dont il conviendrait de quantifier les résultats par rapport à ces avantages à coup de dizaines de milliards de Dinars.  Ainsi, les différentes lois de finances  sont des mesures qui ont pour finalité de pérenniser la politique de l’Etat en matière de subvention.  Se pose le problème de l’efficacité de toutes ces subventions sur le producteur local et sur le consommateur final, avec le processus inflationniste bien que compressé artificiellement par les subventions.  Comme  est posée la problématique de l’efficacité du programme de la  dépense publique entre 2000 et 2015, avec des surcoûts exorbitants et  avec parfois des abandons de projets, estimés entre 20 à 30% pour certains, étant des subventions indirectes supportées par le Trésor, ainsi que de l’efficacité du Programme National du Développement Agricole (PNDA) qui a nécessité des dizaines de milliards de Dollars, (aucun bilan à ce jour) et de l’effacement de la dette des agriculteurs sur la production et la productivité agricole de l’Algérie.

  1. Pour des subventions ciblées

 

L’objectif stratégique est de concilier l’efficacité économique et la justice sociale, devant aller vers le ciblage pour les catégories les plus défavorisées et les segments  que l’on veut promouvoir mais provisoirement.  C’est que les  subventions généralisées faussent l’allocation rationnelle des ressources rares et ne permettent pas d’avoir une transparence des comptes, faussent les normes de gestion élémentaires et les prévisions tant au niveau micro que macroéconomique, aboutissant au niveau des agrégats globaux (PIB, revenu national) à une cacophonie additionnant des prix du marché et des prix administrés.  Ils découragent la production locale avec un gaspillage croissant des ressources financières du pays.  Comme se pose cette question stratégique : qu’en sera-t-il avec après les trois années dégrèvement tarifaire avec l’Europe horizon 2020 et son éventuelle adhésion à l’OMC où les produits énergétiques sont également concernés notamment par la suppression de la dualité du prix du gaz, l’adhésion de la Russie et de l’Arabie Saoudite à l’OMC devant être méditée par les autorités algériennes ?  Se pose cette question stratégique pour l’Algérie : peut-elle continuer à fonctionner sur la base de 70 Dollars le baril pour le budget de fonctionnement et 40-45 dDllar pour le budget d’équipement constitué en majorité par les infrastructures avec des surcoûts exorbitants qui ne sont qu’un moyen de développement, la véritable richesse provenant que des entreprises concurrentielles avec comme soubassement l’économie de la connaissance.  L’Etat algérien pourrait ne pas avoir les moyens de continuer à subventionner certains produits alimentaires en cas où le baril descendrait en dessous de 60 Dollars, fluctuant depuis janvier 2016 entre 30/40 dollars.  L’instauration d’une chambre nationale de compensation indépendante, ce qui suppose un Etat régulateur fort, mais fort par sa moralité, des compétences, la ressource humaine,  richesse pérenne,  et la démocratisation des décisions sur des subventions ciblées, par un système de péréquation intra socioprofessionnelle et interrégionale.  Comme je l’ai suggéré au gouvernement  en 2008/2009 ( voir audit sous ma direction sur la politique des  carburants – Ministère Energie – assisté des cadres de Sonatrach et du Bureau d’Etudes américain Ernest Young 2007/2008- 8 volumes ) Ce dossier présenté à l’APN a été rejeté par le forcing du Parti des travailleurs qui n’avait proposé aucune solution, se réfugiant dans l’idéologie, l’Algérie payant les frais aujourd’hui.  Cela implique forcément un réaménagement profond de la logique du pouvoir algérien reposant sur les forces sociales réformistes.  Le pouvoir actuel est  actuellement assis sur les couches rentières tissant des relations dialectiques avec la sphère informelle spéculative, dépensant sans compter pour une paix sociale fictive grâce aux hydrocarbures qui s’épuiseront horizon 2030  au moment où la population algérienne sera d’environ 50 millions d’habitants.  Y a-t’ il une réelle volonté politique, loin des discours, de changer de politique économique  pour l’émergence d’une économie hors hydrocarbures et ce pour le bien être de l’Algérie et des générations futures, mettant fin au cancer de l’économie de la rente qui se diffuse dans la société par des subventions généralisées et des versements de traitements sans contreparties productives décourageant l’appareil productif ?  Face à la concentration excessive du revenu national au profit d‘une minorité rentière, une corruption socialisée qui menace la sécurité du pays, cela  renforce le sentiment d’une profonde injustice sociale, l’austérité n’étant pas partagée, la majorité des Algériens��veulent tous et immédiatement leur part de rente, reflet du divorce Etat / citoyens, quitte à conduire l’Algérie au suicide collectif.

Les Sept Raisons du Dérapage du Dinar

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Les sept raisons du dérapage du dinar  algérien  un euro sur le marché parallèle : vers 200 dinars un euro?

Par Dr Abderrahmane MEBTOUL, Professeur des Universités, Expert International en management stratégique.

Le cours sur le marché parallèle se cote  le 11/12 février 2016 entre 192/193 dinars un euro s’orientant vers 200 dinars un euro.  Le problème du dérapage du dinar  sur le marché  parallèle ne s’est pas  amélioré, au contraire s’est détérioré, contrairement à certains discours de responsables déconnectés des réalités tant locales que mondiales, qui nous avaient promis une amélioration.  Ce dérapage, depuis une année pour ne pas parler de dévaluation accentue le coût des matières premières, des équipements et des biens de consommation importés accentuant l’inflation importée. Ce marché parallèle  joue  comme assouplisseur à un contrôle des changes trop rigide.  C’est que 70% des besoins des ménages et des entreprises publiques et privées dont le taux d’intégration ne dépasse pas 10/15% provient de l’extérieur.  La compression des importations décidé récemment  affaiblira l’offre du fait que les  activités productives sont très faibles en Algérie, le secteur industriel représentant moins de 5% du PIB et  83% de la superficie économique étant dominée par les petits commerces et services.  Le taux de croissance à 80% est tiré directement  et indirectement par la dépense publique via la rente des hydrocarbures en nette diminution. Ce qui risque d’accélérer le dérapage du dinar sur le marché parallèle.  C’est que   la valeur du dinar, est corrélée à 70% aux réserves de change provenant des hydrocarbures et non du travail, ce qui accentuera la méfiance et le processus inflationniste du fait qu’existe encore une importante thésaurisation accumulée par  le passé, grâce pour partie aux subventions et pour une autre partie aux transferts de rente.  Mais  cette situation atténuant, les tensions sociales   n’est que provisoire car si  le fonds de régulation des recettes s’épuise   en 2017, n’existant plus d’amortisseurs sociaux,  cela amplifiera les tensions inflationnistes. Par ailleurs, si les réserves de change tendaient vers zéro horizon 2018/2019, en cas de non relèvement de la production et productivité, et si le cours du pétrole se maintenait à moins de 40/50 dollars ,  l’euro sur le marché  officiel sera coté à 200 dinars et à plus de 300 dinars sur le marché parallèle.  Quelles sont les  raisons de la dévaluation du dinar?

 Premièrement,  l’écart s’explique par la faiblesse de la production et la productivité, l’injection de monnaie sans contreparties productives engendrant le niveau de l’inflation.  Selon un rapport de l’OCDE, la productivité du travail de l’Algérie est une des plus faibles au niveau du bassin méditerranéen.  Le tissu industriel que certains voudraient redynamiser, sans vision stratégique, selon l’ancienne vision mécanique, sans tenir compte des nouvelles mutations technologiques et managériales mondiales est une erreur stratégique que l’Algérie risque de payer très cher à moyen terme.  L’industrie représentant moins de 5% du PIB et sur ces 5%, 95% sont des PMI/PME non concurrentielles, des surcoûts dévalorisant indirectement la valeur du dinar.  A cela s’ajoute la non proportionnalité entre la dépense publique et le faible impact, le taux de croissance moyen malgré une dépense fonctionnement et équipement évalué à plus de 800 milliards de dollars entre 2000/2015 n’ayant pas dépassé 3% alors qu’il aurait dû dépasser les 10%,  est source d’inflation.

Deuxièmement,  l’écart s’explique par la diminution de l’offre du fait que la crise mondiale, combinée avec le décès de nombreux retraités algériens, a largement épongé l’épargne de l’émigration.  Cette baisse de l’offre de devises a été contrebalancée par les fortunes acquises régulièrement ou irrégulièrement par la communauté algérienne localement et à l’étranger qui font transiter irrégulièrement ou régulièrement des devises en Algérie,  montrant  clairement que le marché parallèle de devises est bien plus important que l’épargne de l’émigration.  Ces montants fonctionnant comme des vases communicants entre l’étranger et l’Algérie, renforcent l’offre.  Il existe donc un lien dialectique entre ces sorties de devises dues à des surfacturations et l’offre, sinon cette dernière serait fortement réduite et le cours sur le marché parallèle de devises serait plus élevé, jouant donc, comme amortisseur à la chute du dinar sur le marché parallèle.

 Troisièmement, la demande provient de simples citoyens qui voyagent : touristes, ceux qui se soignent à l’étranger et (les hadjis) du fait de la faiblesse de l’allocation devises dérisoire.  Mais ce sont les agences de voyages qui à défaut de bénéficier du droit au change recourent elles aussi aux devises du marché noir étant importateurs de services. Majoritairement elles exportent des devises au lieu d’en importer comme le voudrait la logique touristique comme en Turquie, au Maroc ou en Tunisie.

 Quatrièmement, la forte demande provient de la sphère informelle qui contrôle 40/50% de la masse monétaire en circulation (avec une concentration au profit d’une minorité rentière) et 65% des segments des différents marchés; fruits/légumes, viande rouge / blanche, du poisson, et à travers l’importation utilisant des petits revendeurs sur le marché textile/cuir.  Il existe une intermédiation financière informelle loin des circuits étatiques,  expliquant  le résultat mitigé  pour ne pas  dire échec de la mesure de l’actuel ministre des finances d’intégrer ce captal argent au sein de la sphère réelle.

Cinquièmement, l’écart s’explique par le passage du Remdoc au Credoc,  instauré en 2009, a pénalisé   les petites et moyennes entreprises et  n’a pas permis de juguler comme cela était prévu la hausse des importations qui ont doublé depuis 2009 ,tout en renforçant  les tendances des monopoleurs importateurs.  Nombreux sont les PME/PMI pour éviter les ruptures d’approvisionnement ont dû recourir au marché parallèle de devises.  Le gouvernement a certes relevé à 4 millions de dinars, au cours officiel, la possibilité du recours au paiement libre pour les importations urgentes, mais cela reste insuffisant.

Sixièmement,  beaucoup d’algériens  et d’ étrangers utilisent le marché parallèle pour le transfert de devises, puisque chaque algérien a droit à 7200 euros par voyage transféré, utilisant leurs employés algériens pour augmenter le montant, assistant certainement, du fait de la méfiance,  à une importante fuite de capitaux de ceux qui possèdent de  grosses fortunes.

 Septièmement, pour se prémunir contre l’inflation, et donc la détérioration du dinar algérien, l’Algérien ne place pas seulement ses actifs dans le foncier, l’immobilier ou l’or, mais une partie de l’épargne est placée dans les devises.  En effet, beaucoup de ménages se mettent dans la perspective d’une chute des revenus pétroliers, et vu les fluctuations erratiques des cours d’or,  achètent les devises sur le marché informel ; voir étude du Professeur Abderrahmane Mebtoul « Essence de la sphère informelle au Maghreb et comment l’intégrer à la sphère réelle » Institut Français des Relations Internationales – IFRI- (Paris- Bruxelles décembre 2013–60 pages).

Conclusion

La baisse du dinar de 5  dinars un dollars en  1974  à 107 dinars en février 2016  un dollar contredit les lois élémentaires de l’économie où toute dévaluation en principe devrait dynamiser les exportations.  En Algérie le dérapage du dinar a produit l’effet contraire montrant que le blocage est d’ordre systémique et que les mesures monétaires sans les synchroniser à la sphère réelle seront sans effets, d’où l’importance d’un grand ministère de l’économie couplé avec un grand ministère de l’éducation et de la  recherche,  pour éviter des dysfonctionnements.  Les dernières mesures bureaucratiques sans vision stratégique, l’illusion tant monétaire que mécaniques,  les restrictions quantitatives avec une offre en berne,   leurs manques de cohérences,  ont  les effets inverses, le dérapage accéléré du dinar  pour des raisons essentiellement fiscales ont accru la méfiance vis à vis de la monnaie nationale, les lois économiques étant insensibles aux slogans politiques.  L’économie algérienne étant une économie fondamentalement rentière. Elle   dépend du cours du pétrole qui a été coté le 12 février 2016  dans la matinée à 27,14 dollars pour le WIT  et  31,17 dollars pour le BRENT.  Sur le plan strictement économique, la monnaie constitue avant tout un rapport social fonction du niveau de développement économique et social, traduisant la confiance ou pas entre l’Etat et le citoyen.  Les distorsions entre le marché officiel et le marché informel traduit la faiblesse d’un tissu productif local qui ne repose pas  sur l’économie  de la connaissance.  Combien d’entreprises algériennes privées et publiques font de la recherche développement (R&D).  Je conseille au gouvernement  de concilier équité  et  flexibilité du marché du travail  et à mes amis du  patronat non de distribuer de l’argent pour certains  jeunes mais  de favoriser la formation tenant compte des nouvelles mutations technologiques mondiales.  Car le redressement du dinar  passe par des entreprises performantes innovantes  (coûts – qualité) privées locales / internationales, entreprises publiques sans distinction en levant toutes les entraves d’environnement aux libertés d’entreprendre en approfondissant la réforme globale :  dont la réforme des institutions (bureaucratie étouffante), du système financier , du  système socio-éducatif et du  foncier , l’objectif stratégique, une économie de marché concurrentielle.  Il ne faut pas se tromper de cibles, pour paraphraser les militaires, les tactiques  doivent s’insérer au sein d’objectifs  stratégiques.  Les lois ne sont qu’un moyen que contredisent souvent les pratiques devant s’attaquer au fonctionnement de la société.  Etant à l’ère de la mondialisation nécessitant, il s’agit de s’insérer au sein de grands ensembles dont les espaces africain et euro-méditerranéen sont ses espaces naturels et contrairement à certaines affirmations utopiques, la pénétration du marché africain avec la concurrence acerbe est très difficile sans co-partenariats.   Une autre  politique  s’impose, face à l’épuisement des réserves de change, du fonds de régulation des recettes et aux importantes mutations géostratégiques qui s‘annoncent  décisives  dans notre région.   

La nouvelle vision stratégique pour éviter le retour au FMI  sera  de privilégier, l’économie de la connaissance, le développement des LIBERTES fondé sur une nouvelle gouvernance. 

L’Algérie dans le monde d’aujourd’hui ?

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Avec  la régression de l’Algérie   dans le classement international   pour les libertés économiques (-Wall Street Journal du 25/01/2016-), l’Algérie a besoin d’une nouvelle politique pour favoriser   la mise en œuvre d’un climat serein des affaires.  

Par Dr Abderrahmane MEBTOUL,  Professeur des Universités, expert international.

 

Face au constat négatif  de la majorité  des institutions internationales, le gouvernement algérien, loin des discours euphoriques de certains responsables économiques, contredisant la réalité,   réagira t-il   afin d’améliorer le climat des affaires?  Certes, la  révision constitutionnelle consacre plusieurs articles aux libertés   économiques.  Mais une Loi n’est qu’une loi,  fut–elle la Constitution.

Le grand problème face à une bureaucratisation croissante et à la mentalité rentière sera  l’application sur le terrain.  

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Economie Informelle en Algerie, 3eme partie

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Voici la 3eme et derniere partie ci-dessous de la contribution du Professeur du Dr Abdulrrahmane Mebtoul.  Elle reprend  certains elements d’analyses sur ce sujet parues dans www.algerie1.com .

  1. Instabilité juridique, manque de cohérence dans la politique économique et extension de la sphère informelle

La lutte contre la mauvaise gestion et cette corruption qui se généralise tendant à être socialisée, implique avant tout l’efficacité des institutions et une moralisation de la pratique des structures de l’Etat eux-mêmes au plus haut niveau, niveau de dépenses en contradiction avec les pratiques sociales malgré des discours moralisateurs, avec cette montée de la paupérisation qui crée une névrose collective. Dans ce cadre, la sphère informelle en Algérie est favorisée par l’instabilité juridique et le manque de visibilité de la politique socio-économique. Les entrepreneurs qu’ils soient nationaux ou étrangers demandent seulement à voir clair, du moins ceux qui misent sur le moyen et long terme (investissement inducteurs de valeur ajoutée contrairement à l’importation solution de facilité). Or ils sont totalement désemparés face aux changements périodiques du cadre juridique ce qui risque de faire fuir le peu de capitaux surtout en cette période de crise qui montre le rapatriement massif vers les pays d’origine et orienter les nationaux vers la sphère informelle. Que nos responsables visitent les sites où florissent l’informel de l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud et ils verront que l’on peut lever des milliards de centimes à des taux d’usure mais avec des hypothèques car existe une intermédiation financière informelle. Le gouvernement ne peut empêcher cette pratique, ayant fait deux fois   marche arrière. Car,  existe un contrat moral (la confiance) entre le vendeur et l’emprunteur dans les règles de l’art. Les mesures autoritaires bureaucratiques produisent l’effet inverse et lorsqu’un gouvernement agit administrativement et loin des mécanismes transparents et de la concertation sociale, la société enfante ses propres règles pour fonctionner qui ont valeur de droit puisque reposant sur un contrat entre les citoyens, s’éloignant ainsi des règles que le pouvoir veut imposer : exemple les transactions au niveau des frontières pour contourner les myopies des bureaucraties locales, agissant sur les distorsions des prix et des taux de change et le droit coutumier dans les transactions immobilières. On ne peut isoler la sphère réelle de la sphère monétaire, le cours du dinar sur le marché parallèle  dépasse  depuis janvier 2016   180 dinars un euro.  Avec la crise mondiale, l’épargne de l’émigration ayant été affectée (diminution de l’offre) n’explique pas tout, l’explication essentielle étant le grossissement de la sphère informelle (accroissement également de la demande). Le constat est donc amer, pour les petites bourses, en l’absence de mécanismes de régulation et de contrôle, les prix des produits de large consommation connaissent, comme de coutume, notamment à la veille de chaque fête des augmentations sans précédent, les discours gouvernementaux et les organisations censés sensibiliser les commerçants ayant peu d’impacts, prêchant dans le désert, les lois économiques étant insensibles aux slogans politiques. Un grand nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur (agriculture et industries tant pour la production locale que pour les importations) prend des marges non proportionnelles aux services rendus ce qui fait que le contrôle sur le détaillant ne s’attaque pas à l’essentiel. Or, la sphère informelle contrôle quatre segments-clefs : celui des fruits et légumes, de la viande, celui du poisson pour les marchandises locales et pour l’importation, le textile – chaussures. Avec la détérioration du pouvoir d’achat de la majorité car il s’agit d’analyser les liens entre l’accumulation, la structuration du modèle de consommation et la répartition des revenus par couches sociales, enquêtes inexistantes en Algérie. L’inflation est par définition source de concentration du revenu au profit des revenus variables. Il existe  un lien dialectique entre la logique rentière et l’extension de la sphère informelle produit de la bureaucratie et des dysfonctionnements des appareils de l’Etat.

A farmer harvests cauliflowers for sale at the field in Tipaza, west of Algiers, Algeria June 3, 2015. Besides falling energy revenues, Algeria also has a growing number of mouths to feed, with the population put at 40 million and increasing by an estimated one million a year. Main foodstuffs, including cereals, sugar and milk are subsidised, but there is no such help for some products such as vegetables, which keeps prices high. Official statistics show the state imports on average five million tonnes of wheat and barley a year, but that figure appears to be climbing. It hit some 7.4 million in 2014. Algeria last year took its first steps towards opening up the farming sector to foreign investors, inviting bids for 16 state-owned farms focused on grains, vegetables, fruit trees and cattle breeding. Picture taken June 3, 2015. To match story ALGERIA-AGRICULTURE/ REUTERS/Ramzi Boudina

  1. Liens entre la sphère informelle, l’Etat de Droit et la gouvernance

C”est seulement quand  l’Etat est droit et qu’il peut devenir un Etat de droit.  Quant à l’Etat de droit, ce n’est pas un Etat fonctionnaire qui gère un consensus de conjoncture ou une duplicité provisoire, mais un Etat fonctionnel qui fonde son autorité à partir d’une certaine philosophie du droit d’une part, d’autre part par une assimilation consciente des besoins présents de la communauté et d’une vision future de ses perspectives. La construction d’un Etat de Droit est inséparable du développement des  libertés, seule garantie   de la transparence et ce  dans toutes les sphères de la vie politique, économique et sociale. C’est également une des conditions   de l’instauration d’une véritable économie productive reposant sur l’entreprise créatrice de richesses ce, afin de pouvoir favoriser une saine concurrence et attirer les flux d’investissement nécessaires pour une croissance durable, Il ne suffit pas de crier sur les toits que cette sphère ne paye pas les impôts. Il faut expliquer les raisons de son existence et de son extension et surtout les actions à mener pour son intégration, dans la mesure où la sphère informelle n’est pas le produit historique du hasard mais trouve son essence dans les dysfonctionnements de l’Etat et ce, à travers toutes les sphères, n’étant que la résultante du poids de la bureaucratie et du trop d’Etat au sein d’une économie et du blocage des réformes. Aussi, les obstacles ou la rapidité de la construction d’un Etat de droit et d’une véritable économie de marché concurrentielle qui fait que cette sphère diminue ou s’étend. Cela pose d’ailleurs la problématique de la construction de l’Etat et ses nouvelles missions en économie de marché. C’est faute d’une compréhension l’insérant dans le cadre de la dynamique sociale et historique que certains reposent leurs actions sur des mesures seulement pénales.la taxent de tous les maux, paradoxalement par ceux mêmes qui permettent son extension en freinant les réformes. Cela ne concerne pas uniquement les catégories économiques mais d’autres segments difficilement quantifiables. Ainsi, la rumeur est le système d’information informel par excellence, accentué en Algérie par la tradition de la voie orale, rumeur qui peut être destructrice mais n’étant que la traduction de la faiblesse de la démocratisation du système économique et politique, donnant d’ailleurs du pouvoir à ceux qui contrôlent l’information. L’utilisation de divers actes administratifs de l’Etat à des prix administrés du fait des relations de clientèles transitent également par ce marché grâce au poids de la bureaucratie qui trouve sa puissance par l’extension de cette sphère informelle. Cela pose d’ailleurs la problématique des subventions qui ne profitent pas toujours aux plus défavorisées (parce généralisables à toutes les couches) rendant opaques la gestion de certaines entreprises publiques et nécessitant à l’avenir que ces subventions soient prises en charge non plus par les entreprises mais budgétisées au niveau du parlement pour plus de transparence.

En résumé, sans une vision stratégique d’ensemble de sortie  de la crise multidimensionnelle supposant une profonde mutation systémique embrassant le politique, l’économique et le social solidaires, la sphère informelle ne peut que s’étendre et toutes les mesures ponctuelles s’assimileront à du replâtrage. Car il faut prendre au sérieux la dernière note de la COFACE et ne voir toujours  des ennemis de l’extérieur alors que le mal profond  et la guérison  sont en  NOUS, loin des discours démagogiques. Il est utile de rappeler que la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface), a maintenu la note A4 pour l’évaluation risque pays de l’Algérie, au moment où l’environnement des affaires est classé B et la cotation à moyen terme est coté “risque assez faible lit on dans sa note en 2014. En 2015 toujours dans sa note  qu’elle  maintenait l’Algérie à la note A4. Le 26 janvier 2016, la COFACE   classe l’Algérie, sur 160  pays, à la catégorie B,  dans son analyse annuelle des risques élevés  avec des pays comme la Tunisie.  Où sont  donc les promesses de  certains ministres qui avaient promis une amélioration du climat des affaires ?    Classée depuis 2009 à la catégorie A4, l’Algérie recule d’un cran, de  septembre 2015 à janvier 2016, en raison du faible prix des hydrocarbures  qui continue à peser sur l’activité algérienne selon le rapport “Risque pays 2016. La note B concerne les pays dont les perspectives économiques et financières  présentent des incertitudes et dont l’environnement des affaires peut présenter  d’”importantes lacunes. Cette note rejoint le rapport du Word Economic Forum  de 2016 qui note le peu d’amélioration du climat des affaires en Algérie contredisant  les propos optimistes notamment du Ministre de l’Industrie, déconnecté des réalités tant mondiales que locales. Le rapport note que  l’Algérie  renferme des potentialités pour surmonter cette situation. Mais selon la COFACE, la perte  de  temps  et le   retard  dans  la mise en œuvre  de réformes structurelles rendrait le pays  plus vulnérable à l’avenir surtout si le cours du pétrole est en dessous de 40/50 dollars le baril.

(1)-« Le poids de la sphère informelle au Maghreb et impacts géostratégiques» ( étude réalisée sous la  direction du professeur Abderrahmane Mebtoul pour l’Institut Français des Relations Internationales ( Paris –décembre 2013)  -Voir également  l’intervention du docteur Abderrahmane Mebtoul Unesco/ l’African Training Research Centre in Administration Development , 8 Février 2010 en présence de plus d’une dizaine de Ministres et secrétaire d’ Etat africains et des directeurs généraux et représentants de la majorité des Etats africains, ainsi que des missions diplomatiques et institutions un séminaire international sur la bonne gouvernance en Afrique « vers une nouvelle gouvernance des services publics et des institutions de l’Etat en Afrique face aux nouvelles mutations mondiales ».Ronéotypé CAFRAD /UNESCO